08 juin 2009
Une campagne mal menée...
Je clôture mon cycle sur la campagne pour les européennes en commentant les mauvais chiffres receillis par le MoDem...
Le score de 8,5% est faible pour un parti pour qui l'Europe est un cheval de bataille mais est à relativiser dans la mesure on nous avons quand même des élus. Cependant, pour avoir vécu la campagne de l'intérieur, je note deux erreurs qui nous ont coûté relativement cher.
Tout d'abord, nous n'avons reçu le programme que Samedi dernier alors même que la campagne officielle était lancée depuis une semaine, ce qui ne nous a pas laissé le temps d'en mettre en avant les points forts.
Pourtant nous avions raison de vouloir faire évoluer l'Europe sans forcément tout remettre en cause. On aurait pu régler le problème démocratique que l'Europe nous pose en renforçant le rôle du parlement, et le problème technocratique qu'elle nous pose en définissant et limitant ses domaines de compétence !
Ensuite, quand on dénonce l'attitude d'une formation concurrente ou qu'on crie au complot des instituts de sondage, il vaut mieux avoir des billes ! Mettre l'UMP en face de ses contradictions n'est pourtant pas difficile, même sans s'en prendre directement à Nicolas Sarkozy. Par exemple, je me suis personnellement opposé à la rétention de sécurité et dénoncé la dérive extrème-droitière que cette mesure représente, mais j'ai vu le fac-similé du décret allemand de 1934 signé Adolf Hitler qui a inauguré ce principe !
Bref, il faut revoir notre manière de nous opposer.
Le but du mouvement à sa création était de proposer un vrai projet de société qui referait de l'Homme le centre de gravité du système. On en prend pas le chemin.
Les prochaines élections seront régionales, et je les attends avec impatience, parce que là les choses sont différentes, leur région ça intéresse les gens ! Plus qu'à espérer que nous soyons à la hauteur niveau projet et qu'on ait le temps de l'expliquer...
05 juin 2009
La polémique Bayrou - Cohn-Bendit
On ne parle plus que de ça dans le cadre de la campagne des élections européennes : l'échange de noms d'oiseaux entre les participants au débat de France 2 et plus particulièrement l'accusation d'avoir tenu des propos inclinant à la pédophilie lancée par François Bayrou à l'encontre de Daniel Cohn-Bendit, que d'aucuns trouvent inadmissibles.
D'abord, il faut replacer les choses dans leur contexte. Daniel Cohn-Bendit a taxé François Bayrou d'ignominie et l'a traité de minable après que celui-ci ait dénoncé une certaine connivence entre Cohn-Bendit et notre Omniprésident Sarkosy (qui se sont vus trois fois en privé, c'est établi). L'attaque était basse mais ne méritait pas cette réaction.
François Bayrou a alors réagi en accusant à son tour daniel Cohn-Bendit d'avoir tenus des propos inadmissibles à propos des enfants dans son livre "Le grand bazar" en 1975. Je vous retranscris ici les propos en question :« Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d'autres gosses ?" Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Et ailleurs : « J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi ».
Je vous laisse juge de ce qui est le plus ignoble : accuser quelqu'un d'être ami avec Nicolas Sarkosy (qui malgré tous les défauts que je lui trouve, se montre quand même fidèle à ceux qu'il a choisi) ou écrire qu'on s'est fait toucher les organes génitaux par des enfants de trois ans et qu'on a accepté cela, même avec gêne et quand bien même tout propos sorti de son contexte est à prendre avec la plus grande réserve.
Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'à l'époque Daniel Cohn-Bendit travaillait comme éducateur dans une crèche, et que le caractère ambigu de ses propos peut choquer tout père de famille, qui plus est chrétien pratiquant et ancien professeur. En 2001, lorsque la polémique a été lancée par les mêmes journalistes qui écrivent aujourd'hui que l'attaque de François Bayrou est inadmissible, Cohn-Bendit s'était défendu en arguant qu'il s'agissait d'une provocation, ce qu'à titre personnel je veux bien croire, connaissant le passé anarchiste et le caractère irrévérencieux du personnage.
Alors, je ne suis pas très content après François Bayrou parce que son attaque me semble basse et va peut-être gâcher le mois de travail pour faire connaître nos idées que m'a coûté la campagne, mais honnêtement il m'est arrivé de réagir plus mal que lui alors qu'on ne m'avait pas traité de minable. Du reste le niveau d'un débat est rarement élevé en France, le fond disparaît sous la forme, on croirait que les journalistes viennent seulement pour compter les points et c'est plus que regrettable.
On avait une occasion unique avec la crise de changer les choses, et on va la rater.
02 juin 2009
Quelques nouvelles du front... des élections européennes !
Je ne vous oublie pas, mais en ce moment je suis mobilisé par mes activités de militant du MoDem en ces temps de campagne pour les élections européennes.
Je suis très occupé à distribuer des tracts, à les déposer dans les boîtes aux lettres, et bientôt à coller les affiches.
Tant qu'on en parle, je vous donne les points forts de notre programme :
- lutter contre la crise par un plan de relance européen et le financer par un emprunt européen ;
- harmoniser la fiscalité des sociétés dans l'Union ;
- renforcer la lutte antitrust ;
- défendre les services publics par le biais d'une directive-cadre européenne (ce qui nous changera des directives actuelles qui ne visent qu'à les détruire) ;
- mettre en place le principe d'organisation des marchés agricoles (pour qu'on ne puisse plus spéculer sur les matières premières agricoles ;
- imposer que les produits importés dans l'Union soient soumis aux mêmes normes environnementales (pesticides, rejets de CO²...) et sociales (durée du travail...) que les produits d'origine CEE.
Voilà, vous en pensez ce que vous voulez, mais il ne me semble pas trop mal ce programme. d'autant plus que si on le compare avec les autres...
Au NPA de M. Besancenot, ils proposent l'interdiction des licenciements, un smic européen à 1500 €, la solidarité avec les peuples du monde entier. Outre que l'interdiction des licenciements aurait pour conséquence de finir d'achever les entreprises en redressement judiciaire (et oui les licenciements ce n'est pas toujours de la triche, des fois c'est indispensable pour la survie d'une boîte), le Smic européen à 1500 € dynamiterait les économies des pays de l'Est (je veux moins de concurrence déloyale mais je ne veux pas non plus leur mort). Que dire de la solidarité des peuples qui ne peut se faire qu'avec la participation des peuples en question, dont certains ne cachent pas leur haine pour tout ce qui est de près ou de loin occidental ?
Au front de gauche réunissant le PG de M. Mélenchon et le PCF, le programme en résumé c'est d'adresser un carton rouge à Sarko, à la droite et aux patrons. L'antisarkosysme dont je me réclame pourtant ne fait pas à lui seul un programme.
Au PS, deux propositions retiennent l'attention : celle d'un salaire minimum dans chaque pays européen pour limiter les délocalisations, et une clause de progrès social. Celle de supprimer les stock options (que Fabius ministre des finances avait défiscalisées) est irréaliste, il faudrait plutôt les réglementer, et les surtaxer... A noter un laïus antisarkosien là encore.
A l'UMP, la sécurité et la lutte contre l'immigration clandestine sont à l'honneur, ainsi que le refus de l'adhésion de la Turquie (qui n'est pas un vrai problème puisque les décisions se prennent à l'unanimité et qu'on voit mal les grecs, ennemis héréditaires des turcs, l'accepter), hors sujet, élève Bertrand. Ils s'engagent aussi à mener une vraie politique industrielle et à faire de l'Europe un modèle de régulation économique, mais on a vu ce que ça donnait chez nous, alors on espère quand même que surtout ils ne feront pas la même chose au niveau européen, le sarkosysme à l'échelle du continent ce serait quand même une sacré cata !
Je ne sais pas pour qui vous voterez Dimanche et même si vous irez seulement voter. Mais cette élection, elle est importante, parce que dans notre pays notre omniprésident monopolise le pouvoir et que l'Europe, c'est un contre-pouvoir.
14 mai 2009
Comme si ça ne suffisait pas...
Comme certains d'entre vous l'ont noté, le Stade Rennais, le club de foot que je soutiens, a perdu la finale de la coupe de France cette année...
On attendait un titre depuis 38 ans et pour les autres supporters et moi c'est un moment difficile. On passera sur les limites du système Lacombe qui ne permet pas de faire tourner l'effectif.
Et là, qu'apprends-je ?
Que NOTRE stade, le Parc des sports de la Route de Lorient, pourrait changer de nom l'année prochaine pour prendre le nom du nouveau sponsor maillot et s'appeler Fortuneo Stadium ! Mais qu'est-ce que c'est que ce scandale ?
Il ya - ouuuuuh - déjà longtemps, je passais souvent devant pour aller au taf et je me disais à chaque fois, non sans émotion, que je passais là devant un lieu connu partout en France par les amateurs de foot comme un symbole de la ville de Rennes.
Et l'on voudrait changer cela pour des raisons de marketing ?
Si quelqu'un a eu vent d'une pétition lancée pour s'opposer, donnez-moi l'adresse, je la signerai dans la foulée, parce que j'ai peur que mon commentaire laissé sur Notreville.com (merci tarmine pour le lien) ne suffise pas...
01 mai 2009
Perdu, je suis quand même passé à la télé...
Il y a quelque temps, j'ai été interviewé par France 3 qui ma demandé ce que je pensais de l'installation d'une vidéosurveillance dans le centre de ma ville...
J'ai fait ce qu'il ne faut pas faire et accepté de répondre à la question avant d'en connaître la teneur, du coup je n'avais rien d'intéressant à dire là-dessus.
J'avais cru trouver la parade en ne regardant pas la caméra, et je pensais que ça avait bien marché, jusqu'à hier où l'un de mes partenaires de tennis de table m'a dit qu'il m'avait vu au 12/13 de France 3.
Perdu, je suis quand même passé à la télé. Cela a dû passer relativement inaperçu puisque personne d'autre ne m'en a fait la remarque...
04 mars 2009
Touche pas à ma Picardie !
Ca y est, encore une pétition de signée ! Il s'agit cette fois-ci de la pétition "Touche pas à ma Picardie" lancée par notre conseil régional pour empêcher que la picardie soit démantelée dans le cadre de la réorganisation des collectivités locales.
Vous n'ignorez sans doute pas que la commission Balladur a été chargée par le Président d'étudier une réforme des collectivités territoriales en France. Après que la disparition pure et simple des départements ait un temps été évoquée, il s'agirait maintenant de réduire le nombre de région française de 22 à 15, dans le but d'imiter les Landers allemands pour pouvoir peser au niveau européen.
Dans ce cadre, la région Picardie disparaîtrait, le Département de l'Oise étant intégré à la région Ile de France, la Somme à la Région Nord-Pas de calais et l'Aisne à la région Champagne-Ardennes, partition qui serait justifiée selon la commission par un point de vue historique.
Les deux assertions, qu'on parle d'histoire ou que l'on veuille imiter les Landers allemands, sont fausses. Avec 1 900 000 habitants, la Picardie se situerait au neuvième rang des 16 Landers Allemands. Ce n'est pas une question de superficie non plus puisque les anciennes ville-Etats, comme Brême ou Hambourg, constituent des Landers à elles seules, ne représentant même pas la superficie d'un département français.
Intégrer le Département de l'Oise, berceau historique des Capétiens, et donc de l'Ile de France, dans cette région, n'apparaît pas injustifié au premier abord, mais c'est oublier bien vite que le Pays de Bray à l'Ouest du département se situe historiquement en Normandie, et que le Plateau Picard au Nord nous rattache à la Picardie.
Sur un plan plus objectif, je vois les avantages d'être francilien, avec la desserte par le RER et le réseau Optile (quoiqu'il faille me prouver qu'un RER qui s'arrête à toutes les gares va plus vite qu'un TER qui zappe toutes les gares de banlieue), et une prime de vie chère propre à la région parisienne.
Par contre, j'en mesure aussi les inconvénients en terme de pouvoir d'achat ! A faire mes courses en province je dépense 20 € de moins par caddie, et d'autre part les loyers sont 30% moins élevés qu'en Ile de france. Pire, alors même qu'avec la baisse des prix de l'immobilier acheter une petite maison de ville serait en ce moment à ma portée, si nous sommes rattachés à l'Ile de france les prix vont flamber et ce ne sera même plus la peine d'y penser.
En clair, à habiter en province à 70 km de Paris, je ne suis pas plus loin de la capitale que les franciliens de grande couronne, tout en ne subissant pas les inconvénients les plus rédhibitoires de l'Ile de France tels que les bouchons, alors pourquoi serais-je d'accord pour changer ?
Par contre, si les propos qu'a tenus Edouard Balladur pour nous rassurer sont justes et qu'il s'agit simplement que des régions volontaires puissent s'allier les unes aux autres dans leur intégralité, il ne me semblera pas innoportun que nous autres Picards puissions étudier la possibilité de nous allier avec la région Nord-Pas de calais, parce que comme on le dit souvent, les ch'tis c'est nos cousins ! Pareillement, il ne me semblerait pas idiot que les régions Auvergne et Limousin s'allient pour former une grande région du massif central. Avoir une métropole dans une région c'est important et Lille et Clermont-Ferrand sont à même de tenir ce rôle.
Il ne me semble pas non plus idiot que les départements de petite-couronne soit rassemblés avec Paris intra-muros pour former un Grand-Paris.
En clair, je ne suis pas vent debout contre toute réforme des collectivités, à condition que cela fasse l'objet d'un débat public et surtout d'un référendum. Mais notre omniprésident prendra la parole sur le sujet demain et j'ai bien peur qu'encore une fois tout soit plié et qu'on nous mette devant le fait accompli. Sinon pourquoi avoir évoqué un chiffre précis tel que 15 régions au lieu de 22 ?
02 mars 2009
Comme si ça suffisait...
Le conflit guadeloupéen semberait entrer en phase de résolution après que le gouvernement ait cédé sur quasiment tous les points de revendication du LKP...
Seuls les patrons du MEDEF qui refusent de parapher l'accord font que ce n'est pas encore terminé.
Pour moi, la vraie question est de savoir si pour 200 € par mois on peut acheter la paix sociale aux antilles. 200 € mensuels sont bien évidemment toujours bons à prendre mais il me semble que ce n'est qu'un cataplasme et non un traitement de fond du problème antillais.
Depuis que la presse s'intéresse à ce qui se passe aux antilles, j'ai eu connaissance de certains usages ou états de fait qui ont quelque peu choqué le citoyen attaché aux valeurs de la République que je suis :
- tout d'abord, les marchandises provenant de métropole qui entrent aux antilles subiraient un octroi, une taxe intérieure de circulation, pratique datant de l'ancien régime disparue en métropole depuis le XIXème siècle ;
- la compensation de la vie chère ne s'applique qu'aux fonctionnaires et n'est pas prise en compte pour les salariés du privé ;
- ensuite, on laisserait, au mépris des règles de concurrence qui s'appliquent normalement sur tout le territoire français, une seule personne concentrer entre ses mains l'import exclusif de certains produits ainsi que le quasi-monopole de la grande distribution, ce qui lui donne un pouvoir absolu pour fixer les prix.
Je ne comprends pas, à partir du moment où l'on reconnaît à tous la pleine citoyenneté, que nos gouvernants ne s'attachent pas à établir tout le monde dans les mêmes droits et les mêmes devoirs, qu'une fiscalité différente puisse s'appliquer au désavantage de certains et que nos lois puissent être bafouées au vu et au su de tout le monde sur une partie du territoire national, fût-il situé à 5000 km de Paris.
Investir pour l'avenir comme le serinent sur tous les tons le roi et sa cour, ce n'est pas donner l'aumône, c'est réduire les inégalités et s'assurer du respect des lois par tous, y compris les plus riches et les plus puissants !
11 février 2009
Une situation explosive...
C'est une situation pour le moins explosive, que crée ce climat d'insécurité sociale due à la fois à la crise économique mondiale et à la politique menée par notre omniprésident sur le plan intérieur...
Le 29 Janvier dernier, entre un million et demi et deux millions de Français sont descendus dans la rue exprimer leur désarroi et leur angoisse, leur peur non pas que leur avenir soit sombre, il l'est depuis longtemps déjà pour ceux de "la France d'en bas", mais plutôt leur peur de ne plus avoir d'avenir du tout.
Pendant ce temps-là, loin de la métropole, tout un département d'outre-mer, la Guadeloupe, s'est mobilisé pour dénoncer la vie chère et demander plus de justice, et même que nos compatriotes d'outre-mer soient enfin reconnus comme des citoyens à part entière. Ils viennent d'être rejoints dans leur combat par leurs voisins martiniquais.
Pourquoi, comment en est-on arrivés là ? Encore une fois il convient de le répéter, Notre président n'est pas responsable de la crise. Tout comme nous il ne s'y attendait pas. Les économistes qui poussaient des cris d'alarme n'étaient quasiment pas cités par la presse et leur message pourtant salutaire n'était pas entendu.
Cependant, en fesant ouvertement tout pour concentrer dans ses seules mains tous les pouvoirs, en intervenant personnellement sur tous les sujets, en supprimant le poste de premier ministre en fait sinon en droit, et bien il n'y a plus d'intermédiaires entre lui et les citoyens. Il a voulu s'occuper de tout, on le rendra responsable de tout, quand bien même dans certains domaines il ne pourrait rien.
En fait, la grande erreur stratégique de Sarko, cela a été de s'entourer de courtisans dès le départ, soit qu'ils lui vouent un véritable culte de la personnalité, comme Rachida Dati, soit qu'ils soit prêts à tout pour un maroquin comme Kouchner, Besson ou Santini. Le fait que de Lagarde à Darcos en passant par Bachelot ils soient, je vais être très vulgaire, tous plus nuls à chier et déconnectés de la réalité les uns que les autres, ne lui laisse pas le choix : même s'il voulait prendre de la hauteur, il ne le pourrait pas pas parce qu'il n'est pas aidé.
C'est dommage parce que , par exemple, l'ouverture est une bonne idée au départ, mais elle aurait été plus efficace si les ministres d'ouverture avaient eu une vraie vision politique différente de celle de l'UMP et s'ils avaient pu peser sur la politique menée par le gouvernement, ce qui n'est pas le cas.
Puisque personne n'est là pour le contredire, l'ami Nicolas mène donc la Politique telle qu'il la conçoit, c'est à dire dans l'urgence, sans recul, à l'emporte-pièce, centrée sur la communication médiatique plus que sur une vision d'avenir.
Qu'a-t-on vu depuis deux ans et demi ? Il était de bon ton que les chiffres du chômage baissent ? Pour obtenir des chiffres en baisse il suffisait de ne plus prendre en compte les DOM-TOM dans le calcul, ce qui a attisé le sentiment des antillais d'être considérés comme des citoyens de seconde zone, mais aussi de presenter les chômeurs comme des fainéants et des fraudeurs pour qu'il semble légitime d'en radier le maximum ! De la com, encore de la com, de la triche pour obtenir de bons chiffres, et pas mal de gens laissés sur le bord de la route...
Ceux qui suivent l'actualité par le biais de la presse écrite n'auront pas manqué non plus de se rendre compte que Sarko consacre autant de temps à la basse politique, c'est à dire à manoeuvrer pour "niquer" le PS et le MoDem, qu'à agir dans l'intérêt du pays, pour peu que par autosuggestion il se soit convaincu lui-même qu'il oeuvre pour le bien des français.
Ils s'en rendent bien compte, les français, qu'on ne s'occupe plus d'eux. Cela se caractérise par les provocations verbales du genre "maintenant en France quand il y a une grève plus personne n'en parle" ou, s'agissant des partenaires sociaux, "je les écoute mais je n'en tiens pas compte". Inutiles provocations...
Ils s'en rendent bien compte, les Français, que puisqu'il était urgent de sauver notre système bancaire (la grande qualité de Nico c'est qu'il est très juste dans ses analyses), il eut mieux valu entrer au capital et au conseil d'administration des banques et avoir le pouvoir de décider de la rémunération de leurs dirigeants, plutôt que de leur prêter de l'argent sans contrepartie et les menacer ensuite des foudres de l'enfer s'ils s'octroyaient des bonus (son grand défaut à Nico c'est qu'il ne prend jamais le temps de la réflexion)...
Ils s'en rendent bien compte, les Français, que leurs banques leur ont menti en investissant leurs épargne à leur insu en actions de leurs propres filiales de courtage, ce qui fait que beaucoup de ceux qui mettaient de l'argent de côté depuis des années se retrouvent avec des moins-values, c'est à dire rien au bout du compte...
Ils s'en rendent bien compte, les Français, que les 6 milliards qui viennent d'être accordés aux constructeurs automobiles français résultent d'un chantage à l'emploi de la part d'entreprises dont les bénéfices ont décru de 60% à 80% l'an passé, mais qui, grâce à la bonne tenue du marché français (donc grâce à nous qui achetons des voitures) ne se trouvaient pas dans une situation dramatique sur le plan économique...
Ils s'en rendent bien compte, les Français, que la "sarkosette" réservée aux petites voitures ne profite pas aux ouvriers français, ces véhicules étant construit au Portugal, en Espagne, en Slovaquie, mais pas en France où ne sont construites que des berlines familliales ou Haut-de-gamme exclues du cadre de la mesure par leurs émissions de CO² (Les allemands ont, eux, soutenu L'ENSEMBLE de leur marché, ils sont moins cons les teutons)...
Ils s'en rendent bien compte, les Français, qu'en ces temps de crise nous n'avons plus les moyens de faire financer le bouclier fiscal des plus riches par les classes populaires mais que, par l'adage qui veut qu'on ne prête qu'aux riches, "il" ne reviendra jamais sur cette mesure...
Ils s'en rendent bien compte, les Français, que si la Taxe Professionnelle est supprimée (ce qui n'est pourtant pas idiot, pour peu que ce soit réfléchi) ainsi que le première tranche de l'impôt sur le revenu (ça par contre c'est purement démagogique et profondément stupide, seule une motié des actifs y étant soumise, il faudrait pultôt élargir l'assiette du seul impôt juste que l'on a), c'est encore la classe moyenne (en résumé ceux qui bossent) qui paiera...
Ils s'en rendent bien compte, les Français, que les journalistes, lorsqu'ils interviewent L'omniprésident à la télévision, évitent de lui poser des questions sur les sujets qui fâchent (la grève générale à la Guadeloupe ?)...
En clair, je vous résume, nos hommes et femmes politiques dans leur majorité sont veules, nos journalistes à de trop rares exceptions près sont trop lâches pour le souligner, nos patrons sont malhonnêtes et nos banquiers sont des voleurs. Mais malgré tout, tous ces gens ne comprennent pas la peur et la colère de leurs concitoyens. C'est dingue ça !
Ca risque de très mal se finir, tout ça...
14 janvier 2009
Une dérive autoritaire...
Oserai-je le dire ? En ces temps troublés ce n'est pas la crise financière qui m'inquiète, c'est la dérive autoritaire de notre omniprésident alors même que les Français sont trop préoccupés par leur avenir pour s'occuper de celui de leur pays.
Nous assistons depuis Décembre à des attaques systématiques du président visant les contre-pouvoirs...
- "il" a profité de la loi sur l'audiovisuel public, qui au départ ne devait qu'entériner une suppression de la pub sur france télévision après 20 heures, pour s'arroger le droit de nommer ou révoquer le président de France Télévision (auparavant choisi par le CSA), ce qui est une régression démocratique puisqu'on revient au temps du Général De Gaulle et de l'ORTF. La télé publique nous appartient à nous qui la finançons par la redevance, pas à Sarko 1er, m... ! C'est pourtant lui qui aura la haute main dessus.
- un projet de loi vise à limiter le nombre d'amendements pouvant être proposés lors de l'examen de chaque projet de loi à l'Assemblée nationale, et à limiter le temps de parole prévu pour pouvoir les défendre, ce qui est une atteinte aux droits de l'opposition parlementaire, puisqu'en gros le gouvernement aura le temps qu'il veut pour préparer un projet de loi et communiquer dessus alors même que l'opposition aura un temps limité pour le contester... Otez moi d'un doute, en démocratie c'est bien le peuple qui est souverain, et l'assemblée nationale est bien censée représenter ledit peuple dans sa diversité, non ? Et bien non, apparemment, l'opinion qui compte sera celle de notre monarque républicain et nulle autre.
- c'est la trouvaille de début d'année : on va supprimer le juge d'instruction de la procédure pénale. Certes, il n'est pas normal que l'agent souvent verbalisateur que je suis doive justifier de preuves matérielles (photo numérique, photocopie de la feuille d'enregistrement ou des documents de bord) pour étayer ses procès-verbaux, alors même qu'un juge d'instruction peut faire condamner quelqu'un à de lourdes peines sur la seule base de l'intime conviction. Mais le juge d'instruction n'est pas le fond du problème, c'est le code de procédure pénale qu'il faudrait revoir pour obliger les juges à étayer leurs procédures par des preuves matérielles ! Le vrai problème que le juge d'instruction pose à Sarko-Napoléon IV, c'est que, contrairement au procureur, celui-ci n'est pas nommé par l'éxécutif, donc par lui-même ! Si le juge d'instruction disparaît, c'est le procureur nommé et noté par le pouvoir qui dirigera l'enquête. Autant dire que les affaires du Conseil Général des Hauts-de-Seine (avec Pasqua et les Balkany, ça doit pas rigoler des genoux) ne sortiront jamais du placard où elles sont enfouies, et que tout opposant potentiel sera implacablement poursuivi (cela se vérifie déjà avec D. De Villepin dans l'affaire Clearstream, pas de preuve, des témoignages douteux et l'ancien premier ministre est renvoyé en Correctionnelle alors que le Président est partie civile). Aux Etats-unis, ils se passent de juge d'instruction, mais leurs procureurs sont élus, l'indépendance de la justice est donc garantie. Si en France nous supprimons le juge d'instruction alors même que l'éxécutif continue à nommer les membres du parquet, c'est l'indépendance de la justice qui disparaîtra.
- on en parle moins, ça passe inaperçu mais une refonte complète de la fonction publique est en cours. Tout d'abord on regroupe les services déconcentrés de chaque ministère, le but à terme étant que les directions départementales disparaissent et que l'ensemble des fonctionnaires d'un territoire se retrouvent directement aux ordres du Préfet. Les préfets de département vont se retrouver subordonnés aux Préfets de Région (il n'y avait pas de lien de subordination jusqu'à présent), ce qui est pratique, puisqu'il suffira de nommer 22 personnes aux opinions politiques orientées du bon côté, en l'occurence celui du pouvoir, pour tenir tout le pays. De plus, la note chiffrée disparaît pour les fonctionnaires, remplacée par une appréciation du chef de service, ce qui ouvre la porte à une notation à la tête du client ! Quand on sait que la fameuse prime au mérite en dépendra et que les primes représentent un tiers de la rémunération, on a de quoi être inquiet, parce qu'une personne incompétente mais "coulée dans le moule" va très vite se retrouver mieux notée qu'une personne qui connaîtra et fera bien son taf mais sera, ô crime supprême, syndiquée et parfois en désaccord avec sa direction... Autant dire que les fonctionnaires d'Etat, dont le rôle est de dire et d'appliquer le droit, rien que la loi mais toute la loi, ce qui permet en principe de défendre le petit contre le grand, vont vite se muer en relais de la parole omniprésidentielle s'ils veulent faire carrière.
En résumé, si toutes ces mesures sont mises en oeuvre, il suffira au président de la république de nommer 125 personnes aux postes-clés pour tenir le pays (préfets de région, procureur et président de France Télévision), contre 700 ou 800 avant (préfets de département, directeurs régionaux et départementaux des services déconcentrés), ce qui rendait la chose impossible. Belle concentration du pouvoir entre les mains d'une seule personne, non ?
Entendons nous bien, je n'aime pas Nicolas Sarkozy, justement parce que très tôt j'ai cru discerner chez lui cette haine, ce rejet de toute contradiction qui le mènerait à cette dérive. Toutefois, je ne crois pas qu'il irait jusqu'à se muer en dictateur, c'est simplement une interprétation de sa part du bushisme états-unien mâtiné de bonapartisme bien de chez nous.
Ce qui me fait vraiment peur, c'est ce que ferait quelqu'un qui aurait moins de réserve démocratique que lui de tous ces pouvoirs concentrés entre ses seules mains.
Ce qui me consterne, plus encore que l'absence de réaction forte de l'Opposition ou de la presse, c'est l'absence de réaction de mes concitoyens. Je suis déçu de voir que le français moyen, pour peu qu'on lui promette de bouter 30 000 étrangers hors de France (sans discernement, une honte pour le pays des droits de l'homme) et qu'on destine par le verbe les jeunes délinquants à l'enfouissement dans une geôle (alors que dans les faits rien ne s'améliore, les choses empireraient plutôt avec + 30% de voitures incendiées au jour de l'an 2009), est prêt à abandonner un par un chacun de ses droits, prêt à abandonner à chaque fois une part plus importante de sa liberté, à commencer par la liberté d'expression.
Les Français sont des veaux, disait le Général de Gaulle, et je regrette de constater qu'il avait raison !
21 novembre 2008
Parce qu'il arrive qu'il fasse aussi quelque chose de bien...
Parce qu'il arrive aussi qu'il fasse quelque chose de bien, le Sarko, et parce que si je veux être objectif je dois l'admettre, même si, je vais être très vulgaire, ça me troue le cul :
- la mise en place de l'Eunavfor le 8 décembre, force navale de l'Union Européenne, pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie, est un double succès du Président Sarkosy, d'une part parce qu'il était le promoteur de la lutte contre la piraterie dans cette partie de l'Océan Indien ou transite 25% du transit maritiime mondial, et d'autre part parce que c'est une manifestation de la PESD (politique européenne de sécurité et de défanse) dont la France est la principale défenderesse depuis des années. C'est donc un succès pour notre pays, et ce d'autant plus que les navires de l'Union auront pour compagnie la frégate russe Neustrashimyy dépêchée sur place par Moscou. Pour une fois, l'unanimité de TOUTE l'Europe jusqu'à l'Oural a donc été atteinte...
- le sommet du G20 concernant la crise à Washington : même s'il n'en est rien sorti de concret, notre président a obtenu la présence des pays émergents au sommet...
- la mise ne place d'un fond souverain à la française géré par la Caisse des Dépôts et Consignations. Même si le fond n'aura pas dans un premier temps les moyens de ses ambitions, s'il est bien géré ce sera un excellent outil pour une sauvegarde de notre outil industriel et donc de quelues centaines de milliers d'emplois, cela ne pourra donc pas nous faire de mal...
Par contre et parce que je reste un opposant, je constate :
- qu'un geste pour les pensions de réversion (celle que touche les veuves après la mort de leur conjoint), c'était bien.
- mais qu'exclure dans la foulée, et comme d'hab en loucedé, les couples de la revalorisation des retraites, c'est reprendre d'une main ce qu'on a donné de l'autre, et c'est très mesquin.